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Prenons les verbes blesser , frapper , troubler .




Blesser - voulait dire donner un coup qui fait plaie, fracture ou contusion ; Frapper - donner un ou plisieurs coups ; troubler - rendre trouble, brouiller .

A présent ils désignent les phénomènes de la vie psychologique : blesser = choquer , offenser ( Ce mot blessa ) ; frapper = faire impression (frapper limagination) ; troubler = embarrasser ; se troubler = sembarrasser ( Lorateur se troubla ).

Le sens figuré de ces verbes nest plus saillant, ce sont les mots à part.

Les groupements de mots : le bec dune plume , la gueule dun four se sont formés sur la base de leur ressemblance avec un bec, une gueule par la voie de changement métaphorique. Ce sont des groupements de mots habituels, stables, devenus téminologiques.

Les cas de changement du sens des mots sappellent les métaphores et les métonymies de la langue. Cest une voie de lenrichissement du lexique de la langue de laquelle soccupe la lexicologie. La stylistique étudie lemploi des mots restés vivaces où vaut le sens figuré, imagé du mot.

Parmi les figures de mots on distingue la comparaison métaphorique, la méthaphore, la personnification, la métonymie, la périphrase, lironie , etc.

1) LA COMPARAISON METAPHORIQUE figure servant à marquer la ressemblabce qui

existe entre deux êtres, deux choses ou entre un être et une chose et réciproquement. La comparaison métaphorique peut hyperboliser, c-à-d. exagérer un caractère, et sert à mettre en relief ce caractère.

 

( Il est fort comme un boeuf ; Il est bon comme son père ;

Elle est belle comme une rose ;

Il est riche comme Crésus ; Il a un visage pâle comme la lune .)

 

La mise en relief par une comparaison métaphorique peut être dune part expressive sémantique, dautre part expressive affective. Les formes de leur construction syntaxique : 1) la conjonction comme , 2) l e pronom tel , 3) les verbes paraître, ressembler à, sembler , 4) ladjectif pareil , 5) les verbes comparer, dire , 6) le conditionnel passé 2-e forme. (Dire un hérau ; d. un génie)

2) LA METAPHORE procédé dexpression qui consiste à donner à un mot la valeur dun

autre présentant avec le premier une analogie. ( La situation quon lui offre est un tremplin pour de plus hautes fonctions .)

Le sens propre et le sens figuré de la méthaphore stylistique sont unis dans un seul mot. P. ex., les livres du roman de Romain Rolland Jean Cristophe ont pour titres Laube , Le matin , quon peut comprendre daprès le contenu du roman comme Lenfance , Ladolescence .

Il existe des métaphores dites catachrèses. La catachrèse est un défaut du style . La fonction stylistique de la catachrèse est de parodier léloquence des gens bornés. (P. ex., Dans le roman de

G. Flaubert Madame Bovary , le conseiller dit : Le char de létat navigue sur unvolcan ). Petit Robert : Catachrèse figure de rhétorique qui consiste à détourner un mot de son sens propre . P. ex., - Aller à cheval sur un bâton .

Dans la métaphore prédomine la valeur expressive sémantique. Un roman est un miroir qui se promène sur une grande route Tantôt il reflète à vos yeux lazur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route . (Stendhal).

3) LA PERSONNIFICATION

La personnification est une des variétés de tropes. Cest une action de personnifier les choses, les phénomènes de la nature, les sentiments etc. Elle favorise la perception émotionnelle. La personnification peut être partielle le vent gémit ; le roseau soupire Le lac de Lamartine), ou complète. P. ex., - Paris est né, comme on sait, dans cette vieille île de la Cité qui a la forme dun berceau dès les rois de la première race, trop à létroit dans son île, et ne pouvant plus sy retourner, Paris passa leau .

(V. Hugo)

France : à lheure où tu te prosternes,

Le pied dun tyran sur ton front,

La voix sortira des cavernes,

Les enchaînés tressailleront.

(V. Hugo Les chatîments) - p. 41

 

4) - LA METONYMIE.

La méthonymie figure qui consiste à désigner une chose au moyen dun terme désignant une autre chose unie à la première par une relation de la cause à leffet, du contenant au contenun de la partie au tout etc.

Petit Robert : métonymie du gr. changement de mot . Figure de rhétorique, procédé de langage par lequel on exprime un concept au moyen dun terme désignant un autre concept qui lui est nui par une relation nécessaire (la cause pour l effet, le contenant pour le contenu, le signe pour la chose signifiée).

P. ex. : boire un verre (contenu) ; ameuter la ville (les habitants) ; etc.

Si la métaphore est basée sur une association de similitude, la métonymie est basée sur un rapport de contiguité. Les relations entre les objets qui fournissent la métonymie sont multiples. Nous pouvons désigner le singulier au lieu du pluriel, la matière (un verre) dont lobjet est fabriqué au lieu de lobjet, le producteur au lieu du produit (un Rembrandt).

La métonymie qui devient la seconde signification du mot cest la métpnymie de langue. P. ex. : le coton :1 duvet qui enveloppe les graines du cotonnier ; 2 le fil de ce duvet ; 3 létoffe fabriquée avec ce duvet. Le champagne le vin mousseux quon prépare en Champagne. Le nom de la province est devenu celui du vin. Dans le cas de la métonymie de langue, celui qui parle ne le remarque plus. Mais si le changemont du mot se fait sentir comme changement de la signification, cest le cas de la métonymie stylistique.

Les métonymies stylistiques peuvent être dun emploi large et il existe les métonymies individuelles qui ne vivent quun moment. Elles sont dusage fréquent dans la langue parlée familière.

P. ex., très souvent pour désigner les gens qui se trouvent dans un local ou dans un endroit on dit : classe, salle, théâtre, wagon, village, ville, pays, etc : Toute la salle applaudit ; Toute la ville en parle ; Tout le wagon était en émoi (A. Daudet). Lusine est en effervescence (Béranger).

5) LANTONOMASE

Dans la langue parlée il existe un phénomène quon appelle lantonomase (du gr.). Figure par laquelle on emploie un nom propre pour un nom commun ou une périphrase et réciproquement. Figure consistant à remplacer un nom par léconcée dune qualité propre à lobjet ou à lêtre quil désigne. P. ex., les noms des personnages mittéraires : Don Juan, Taftuffe, Gavroche, Gobsec, etc. (Don Juan le type de lhomme libertin et séducteur ; Tartuffe un hipocrite ; Gavroche un gamin de Paris toujours spirituel, moqueur et plein de bravoure ; Gobsec un avare, etc) ; Ce sont les métonymies stylistiques stables. En ce qui conserne les métonimics stylistiques qui ne vivent quun moment, cest dans la conversation quelles semployent surtout. Parfois les métonymies stylistiques deviennet stables. P. ex., les noms des personnages des contes : Le Petit Chaperon Rouge, La BarbeBleu, etc.

Souvent, on fait recours à la métonymie dans le style publiciste. P. ex., pour désigner les institutions dEtat on dit : Le Kremlin, le Quai dOrsay, le Pentagon, Wallstreet, Skotland-Jard, etc. Pour nommer un groupe dhommes on emploie le singulier au lieu du pluriel. Ainsi, on souligne les traits communs du caractère.

P. ex. : le paysan était le frère de louvrier, un frère malheureux comme lui

(M. Thorez)

LA PERIPHASE

La périphrase cest un procédé qui consiste à exprimer par plusieurs mots ce que lon pourrait (aurait pu) dire en un seul. (du gr. parler par circonlocution ). Figure qui consiste à exprimer une notion, quun seul mot pourrait désigner, par un groupe de plusieurs mots. Le prince des critiques était en ce temps, et lest encore, une périphrase courante comprise de tout le monde pour désigner Jules Janin (Gautier).

Dans la périphrase les mots semploient dune part au sens propre : capitale de la France (pour Paris) ; lautre part au sens figuré : la ville de lumière (pour Paris) ; le printemps de lavie (pour la jeunesse) ; messagère du printemps (lhirondelle). Ce sont des périphrases métaphoriques.

Il existe des périphrases métonymiques : lacier destructeur (pour lépée) ; les périphrases euphémiques (leuphémisme adoucissement dexpression) ; p. ex. : dormir son dernier sommeil (être mort).

Dans la langue de la science dont le but est lénonciation précise, on nemploie que les périphrases stables. Ce sont des périphrases qui remplacent le pronom personnel de la I-re personne dans les ouvrages scientifiques ou dans le discours de lorateur. P. ex., lauteur de ce livre ; celui qui écrit ces lignes. etc.

Le style publiciste se distingue par les périphrases de valeur dappréciation qui ont rapport à la vie sociale et politique.

Et les philantrophes de lindustrie de profiter des chômages pour fabriquer à meilleur marché (Lafargue) le mot industriels est remplacé par la périphrase les philantropes de lindustrie qui implique une allusion ironique à la théorie opportuniste qui dit quil ny a pas de contradiction de classes entre les capitalistes et les ouvriers.

La périphrase qui caractérise Jean Jaurès comme le tribun du peuple à la culture encyclopédique implique une valeur dappréciation très élevée.

Parfois les périphrases du style publiciste de création individuelle deviennent clichés. P. ex. : les deux cents familles - la périphrase stable pour désigner les monopolistes français.

Dans la langue des belles-lettres les périphrases sont de types différents daprès leurs fonctions les plus variées.

En France, la périphrase était dun emploi large au XVII-e siècle, sous le règne de Louis XIII, à lépoque de la tendance du style précieux où laristocratie mondaine désireuse à sopposer au peuple sest ingéniée à remplacer les mots de lemploi commun qui lui paraissaient vulgaires par les périphrases euphémiques du type de : lélément liquide (pour leau), linstrument de propreté (le balai).

Le jargon précieux est fixé dans les ouevres littéraires de lépoque, dans la poésie et des romans. Les classiques du XVII-e et du XVIII-e siècles faisaient recours à la périphrase conditionnéee par la poésie classique. Dans le genre élevé (la tragédie, lode, lépopée) les objets et les phénomènes du monde physique étaient désignés par les périphrases. P. ex. : Mon oisive jeunesse sur de vils ennemis a montré son adresse (Racine, Phèdre - monologue dHippolite) vils énnemis - les animaux.

Au XVIII-e siècle la périphrase devient traditionnelle. Au XIX-e siècle les romantiques et les réalistes se mettent à lutter contre la périphrase. Stendhal disait : Faut il chercher la vérité pour la cacher sous la périphrase ?

7) LIRONIE

Parmi les tropes lironie ocuppe une place à part. Lironie cest un contraste fortuit (étrange, inettendu) qui ressemble à une moquerie insultante. Cest avant tout lemploi du mot au sens positif avec une nuance dappréciation négative. La force terrible de lironie dépend de lopposition du sens nominatif du mot avec celui du contexte qui met en relief leur contradiction. Lorsque on dit : Vois êtes bien aimable à un homme qui vient de commetre une grossièreté, cela veut dire une antiphrase ironique. En second lieu, au sens plus large du mot, on appelle ironique la construction du discours qui est positive en somme, mais qui a une valeur dappréciation négative.

Lironie est de large emploie dans la langue parlée familière, souvent elle est mise en relief par lintonation.

Elle fait partie du style scientifique quand lauteur engage une polémique.

En qualité du moyen dappréciation elle est de large emploi dans le style publiciste et dans les belles-lettres.

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